Cérémonie de lancement du projet

La cérémonie de lancement du projet a eu lieu au bureau de GROSAME Grand-Goâve le mardi 14 janvier 2014. Cette activité, inscrite dans un contexte de communication, poursuivait plusieurs objectifs :

  1. Sensibiliser la communauté sur la problématique de santé mentale.
  2. Rappeler l’histoire de GROSAME et son fonctionnement.
  3. Présenter au grand public le projet dans ses différents volets.
  4. Présenter les acteurs impliqués dans le projet et les enjeux.
  5. Initier le partenariat avec d’autres associations locales, des ONG, des autorités locales, des autorités sanitaires.

Les différentes interventions des acteurs locaux et internationaux impliqués dans le projet sont inscrites dans la poursuite de ces objectifs. Des autorités du domaine de la santé (Responsable de la santé mentale au Ministère de la Santé Publique et de la Population, Directeur d’hôpital psychiatrique) ont été invitées pour contribuer à l’objectif de sensibilisation de la communauté. Cette activité a eu une grande couverture médiatique.

La cérémonie a duré deux heures (10h-12h). Plusieurs personnalités ont pris la parole en cette matinée. Les premiers mots ont été ceux de deux membres fondateurs du groupe : M. Jean Lucner Da et M. Monthas Toussaint. M. Jean Lucner Da, coordonnateur de GROSAME Grand Goâve, a présenté des mots de bienvenue aux différents invités et rappelé le début difficile du groupe qui n’a cependant jamais lâché prise. Il a mis l’accent sur le bénévolat qui a permis à des citoyens de Grand Goâve de trouver un certain accompagnement psychosocial dans différentes situations. Dans ses propos, il a profité pour rappeler aux différentes autorités représentées à la cérémonie l’importance de donner la main au réseau communautaire pour rendre plus efficientes et plus efficaces les actions en santé mentale. De son coté, M. Monthas Toussaint, responsable des interventions cliniques, a expliqué le mode d’intervention clinique, son évolution, les forces et faiblesses des intervenants. Il a voulu remercier certaines personnalités qui ont contribué à initier le mouvement et qui continuent aujourd’hui de former les ACM en vue de l’amélioration quotidienne des modes d’intervention. Il a brièvement présenté les différents volets du projet en mettant l’accent sur les impacts éventuels sur les besoins de la communauté. Ces propos ont été couronnés par ceux de la marraine du groupe, Mme Adeline Raphaël, qui a voulu les féliciter pour leur volonté et leur persévérance à participer au développement de leur communauté.

Suite aux discours des membres de GROSAME Grand-Goâve, le professeur Yves Lecomte de la TELUQ a débuté ses propos en rappelant la devise du projet telle que formulée en 2006 : « Se rencontrer pour s’entraider ». Il a parlé de la complexité et de la richesse du projet depuis son initiation par le Dr Frantz Raphaël. Il rappelé les différentes étapes, les activités, les enjeux, les obstacles et les réalisations depuis le début du projet jusqu’à ce moment. Après bon nombre de rencontres, ils ont initié des formations en compétences parentales[1].Il a mis l’accent sur la participation citoyenne pour réussir à élaborer des projets qui correspondent aux besoins réels de la population et faciliter la réussite des actions. Enfin, il a informé la communauté que la réussite de ce projet peut donner lieu à un plus grand financement de Grands Défis Canada.

D’autres personnalités qui ont prononcé des mots dans la cérémonie sont le Dr Jocelyne Brunache Pierre-Louis, Directrice de Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement (DPSPE) et le Dr Girard Jeanny, Directeur de l’hôpital psychiatrique Mars et Kline. La directrice, accompagnée du responsable de l’Unité Santé Mentale, René Domerssant, a rappelé que la santé mentale ne se résume pas à la psychiatrie. Elle a informé la population des différentes actions du Ministère de la Santé Publique et de la Population pour doter le pays d’un système de santé mentale. Cette problématique est devenue une priorité de l’État suite aux évènements traumatiques survenus dans le pays ces dix dernières années. Cependant, la directrice reconnait le manque de moyens pour répondre aux besoins et les barrières culturelles qui peuvent entraver les interventions en santé mentale auprès de la communauté. Elle encourage l’initiative du Groupe de Santé Mentale (GROSAME) de Grand-Goâve qui, par son approche communautaire, peut compenser au manque de structures de soins dans les communautés. Elle plaide pour un lien solide entre GROSAME et le ministère. Elle souhaite pouvoir se servir de l’expérience de GROSAME pour rendre accessibles les soins de santé mentale dans d’autres communautés du pays. De son coté, le directeur de Mars et Kline a rappelé ses rencontres et ses entretiens avec le Dr Raphaël autour de la problématique de santé mentale en Haïti. Il a qualifié GROSAME de « Grosse Arme » pour contrer les problèmes de santé mentale à Grand-Goâve. Pour lui, c’est un petit pas, mais fondamental dans les efforts du pays dans ce cadre-là. Il a encore rappelé que nous avons un manque considérable de ressources psychiatriques dans le pays (7 médecins psychiatres pour dix millions d’habitants). Cela constitue une autre justification au développement de la base communautaire dans le modèle de soins en santé mentale.

Enfin, beaucoup de personnalités ont participé à cette cérémonie : des représentants d’associations locales, représentants des églises, représentants des houngans (prêtres vodous), représentant des CASEC (Conseils d’Administrations des Collectivités territoriales), la police, la mairie, la santé publique, la presse, des citoyens de la société civile et d’autres professionnels, amis vivant aux USA ou au Canada invités par le Dr Raphaël. C’était l’occasion de présenter le groupe et le projet, de rencontrer d’autres personnes, d’autres structures et d’établir des liens qui seront d’une grande utilité à l’implémentation de nos activités dans le cadre de ce projet. La cérémonie a été clôturée par une collation offerte aux invités qui a été l’occasion de discuter personnellement avec certaines personnes et de répondre aux questions de journalistes.


 

[1] Projet élaboré par deux jeunes Haïtiens immigrés au Canada. Il vise à répondre aux besoins des Haïtiens immigrés à Montréal et qui utilisent des méthodes éducatives ne correspondant pas aux normes québécoises.